
Découverts en 1991, les nanotubes de carbone sont le fer de lance de
la nanotechnologie. 100 000 fois plus fin qu'un cheveu, un nanotube de
carbone est 100 fois plus résistant et 6 fois plus léger que l'acier.
On dit qu'un nanotube de carbone étiré depuis la Terre jusqu'à la
stratosphère (12 km de long) supporterait le poids de la planète. Pour
les scientifiques, il s'agit donc bien là du matériau le plus solide
jamais construit.
Ses avantages ne s'arrêtent pas là : il est aussi souple et conducteur,
possède d'extraordinaires propriétés thermiques, électroniques et
mécaniques. Ce qui en fait un matériau particulièrement prisé des
sportifs : on en trouve déjà dans les raquettes de tennis, les clubs de
golf, les cadres de vélo, ou les carrosseries de formule 1.
Le nanotube est une feuille de graphite formée d'atomes de carbone et
enroulée sur elle-même comme un cigare. Les atomes sont disposés en
réseau hexagonal, en nid d'abeilles, et à chaque extrémité se trouve
une demi-molécule de fullerène (une molécule est constituée de 60
atomes de carbone pour un diamètre d'environ 0,7 nanomètre). Image ©
Piotr Rotkiewicz
"C'est la fibre de carbone ultime" souligne Jean-Paul Salvetat,
physicien au centre de recherche de la matière divisée (CNRS) "on
conserve tous les avantages sans les inconvénients". Alors que la fibre
de carbone est fragile, la nanotube de carbone, constitué d'une seule
molécule, jouit d'une cohésion atomique parfaite. Et alors que la fibre
de carbone se casse dès qu'on la courbe, le nanotube peut s'enrouler et
même se tisser !


